Logement neuf : un rêve inaccessible ?

Devenir propriétaire de son propre logement, et d’un logement neuf de surcroît était il y a peu encore un rêve réalisable pour le commun des mortels. L’évolution récente des prix de l’immobilier et de la conjoncture modifie légèrement la question : acheter un logement neuf, c’est plutôt un rêve ou une utopie ?

Le chemin vers l’accession à la propriété

Tous les chemins mènent à Rome dit le proverbe. Mais il n’y a pas autant de routes pour arriver à devenir propriétaire avec certitude.

La génération des jeunes adultes des années soixante et suivantes a bénéficié de conditions tout à fait particulières pour faire son nid. Un climat économique favorable, une démographie positive, un marché de l’emploi dynamique, la continuité de la reconstruction et du développement des infrastructures du pays et même une bonne dose d’inflation un peu plus tard pour gommer une part importante de l’endettement lié au crédit immobilier.

Le choc pétrolier de 1973 a d’ailleurs à cet égard résonné comme un coup de semonce aux oreilles des néo emprunteurs, car le démarrage de l’inflation et la restriction du crédit des années 80 sont venus freiner l’essor et la bonne santé apparente du marché de l’immobilier neuf.

Pour autant, les prix des logements neufs étaient encore abordables au plus grand nombre, comme en témoigne le succès des PAP (prêts d’accession à la propriété) qui étaient un produit d’appel permettant le financement d’une accession sociale à prix de vente encadrés.

Réussir à acheter : une voie étroite…

Les voies du Seigneur sont impénétrables dit-on. Mais celles de l’immobilier le sont presque tout autant. Car depuis la suppression des PAP et leur remplacement par le Prêt à Taux Zéro dans les années 90, les conditions de financement de l’accession à la propriété se sont progressivement dégradées, avec un désengagement de l’état sous couvert d’économies budgétaires.

Et comme en parallèle les prix de revient de la construction et du foncier n’ont cessé de monter plus vite que les revenus, sous l’effet d’une insuffisance de terrains disponibles et d’une cascade de réglementations techniques ambitieuses (et parfois justifiées, heureusement), l’effet « ciseaux » est devenu inévitable pour l’acquéreur.

Le résultat est l’évidence d’une plus grande difficulté à faire aboutir des parcours qui relèvent maintenant plus de ceux du combattant que de ceux d’accédants à la propriété classiques. Une conséquence positive indirecte de ce constat est néanmoins la prise de conscience de certains professionnels de l’immobilier qui poussent en faveur d’un immobilier neuf moins cher. Mais ceci est le début d’une autre histoire…

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